Le triangle de Karpman

Définition?

Le triangle dramatique de Karpman est un vrai modèle en psychologie, proposé par le psychiatre Stephen Karpman dans les années 1960, dans le cadre de l’Analyse transactionnelle.

De quoi on parle?

Le triangle dramatique : les 3 rôles

Karpman décrit un schéma relationnel toxique où les personnes alternent entre trois rôles :

1. Victime

  • Se sent impuissante, subit la situation
  • Pense : “Pourquoi ça m’arrive à moi ?”
  • Cherche souvent quelqu’un pour la sauver

2. Persécuteur

  • Critique, accuse, domine
  • Pense : “C’est de ta faute”
  • Peut être autoritaire ou agressif

3. Sauveur

  • Veut aider… mais de façon excessive ou non demandée
  • Pense : “Je vais te sauver”
  • Empêche parfois l’autre de devenir autonome

Repenser le triangle de Karpman : une lecture par les perceptions

Le triangle dramatique proposé par Stephen Karpman est comme un modèle simple décrivant trois rôles : la victime, le persécuteur et le sauveur. Utilisé tel quel, il permet d’identifier des dynamiques relationnelles toxiques.

Mais une lecture plus fine permet d’aller plus loin :
et si ces rôles n’étaient pas fixes… mais dépendaient du point de vue de chacun ?

👓 Chacun regarde la scène avec ses propres lunettes

Imagine une scène toute simple.

Deux personnes discutent.
L’une dit :
« Je voulais juste t’aider. »

Et l’autre répond :
« Mais arrête de vouloir tout gérer à ma place ! »

Alors… qui a raison ?

Peut-être les deux.

Parce que chacun regarde la même scène avec ses propres lunettes.

👓 Les lunettes de l’un disent :
« J’aide, je protège, je fais attention. »

👓 Les lunettes de l’autre disent :
« On me contrôle, on ne me fait pas confiance. »

Et pendant ce temps, chacun se demande pourquoi l’autre ne voit pas ce qui paraît pourtant évident.

C’est un peu ça, le triangle dramatique.

On pourrait croire qu’il y a simplement :

  • une Victime
  • un Sauveur
  • un Persécuteur

Mais dans la vraie vie, les rôles bougent… et surtout, ils dépendent du regard de chacun.

Celui qui se sent victime peut être vu par l’autre comme celui qui met la pression.

Celui qui pense sauver peut être vécu comme quelqu’un qui s’impose.

Celui qui pense « remettre les choses à leur place » peut être perçu comme agressif ou accusateur.

🎭 Même scène.
Même moment.
Mais chacun joue avec son propre scénario.

C’est pour ça qu’on peut avoir plusieurs triangles en même temps.

Pas un seul triangle au milieu de la pièce…

Mais un triangle dans la tête de chacun.

Et peut-être que la vraie question n’est finalement pas :

« Qui est le méchant ? Qui est la victime ? Qui essaie de sauver qui ? »

Mais plutôt :

« Avec quelles lunettes suis-je en train de regarder cette situation ? »

Parce que parfois, changer de lunettes ne change pas ce qui s’est passé…

mais ça peut complètement changer la façon dont on le comprend.

👀 Et si, pour un instant, on arrêtait de jouer ?

Il y a peut-être une quatrième place à découvrir dans tout ça :

celle de l’observateur.

Pas celui qui regarde de loin en se disant « moi, je sais mieux que les autres ».

Non.

Celui qui fait un pas de côté.

Celui qui se demande :

« Qu’est-ce qui est vraiment en train de se jouer ici ? »

Au lieu de rentrer immédiatement dans le rôle, il prend quelques secondes pour observer.

Il passe…

  • de « je suis impliqué » à « j’observe ce qui se passe »
  • de « il a tort » à « je cherche à comprendre ce qu’il vit »
  • de « qui a raison ? » à « comment chacun voit-il cette situation ? »

C’est un peu comme enlever ses lunettes pendant quelques instants.

On ne cherche plus à savoir quelles lunettes sont les bonnes.

On regarde simplement ce que chacun voit avec les siennes.

Et souvent, c’est là que quelque chose se détend.

Parce que lorsqu’on arrête de chercher un coupable, un sauveur ou une victime, on crée de l’espace pour comprendre.


🌱 Pour conclure…

Le triangle de Karpman reste un outil précieux.

Mais peut-être qu’il ne faut pas le voir comme une étiquette à coller sur les gens :

« Toi, tu es la victime.
Toi, le persécuteur.
Et toi, le sauveur. »

Ce serait finalement retomber dans le piège que l’on cherche justement à observer.

Le triangle peut être vu autrement :

comme une carte des regards humains sur une même réalité.

Chacun arrive avec son histoire, ses blessures, ses besoins, ses croyances, ses lunettes…

Et chacun donne un sens à ce qu’il est en train de vivre.

Alors peut-être que la question n’est plus :

« Qui joue mal son rôle ? »

Mais plutôt :

« Qu’est-ce que cette situation est venue me montrer ? »

Et si, finalement, chacun avait simplement…

un rôle à jouer,
une expérience à traverser,
et quelque chose à comprendre de lui-même ?

Peut-être que nous ne sommes pas toujours là pour changer le rôle de l’autre.

Peut-être sommes-nous surtout là pour comprendre le nôtre… et apprendre à le jouer autrement.

4 septembre 2026 0 Commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

0 Partages
Partagez
Partagez